5 juill. 2016

France - road trip in ze sud de la France


Mon temps était maintenant un peu compté puisque je devais me retrouver 2 jours plus tard chez ma tante Mimi (J'avais promis d'arriver juste à temps pour l'apéro!) et que j'avais devant moi un trajet plutôt ambitieux reliant quelques beaux villages, traversant la région du Languedoc par les routes de campagne, à l'écart des grandes artères routières... sur papier, ça avait l'air très faisable, mais cibole, c'était sans tenir compte des centaines d'endroits où j'aurais voulu m'arrêter pour prendre quelques photos, prendre un petit verre, goûter à la spécialité locale ou tout simplement trainer et regarder le monde passer.
Je me suis vite rendu compte que cette petite excursion allait s'avérer aussi magique que frustrante, ça n'a pas pris de temps non plus pour me dire que j'allais revenir explorer cette région plus prondément très bientôt. 

St-Guilhem-le-désert
J'ai quitté Montpellier tôt ce matin, et j'ai bien viraillé un bon bout de temps avant de sortir de la banlieue et me retrouver sur les chemins de campagne en direction de ce village dont un collègue français m'avait parlé, et qui figure sur la liste des plus beaux villages de France. On peut pas trop se tromper!
Et comme de fait, c'est un petit bijou de village médiéval! Incroyablement bien préservé, on a l'impression de revenir plusieurs centaines d'années en arrière et je me sentais mal un peu pour les habitants qui logent le long des ruelles étroites et piétonnières et qui doivent voir passer des milliers de gens tous les jours sous leurs fenêtres. 
Par contre, en ce début juillet, j'étais étonné que l'endroit ne soit pas plus bondé. Les vacances commencent vraiment officiellement le lendemain de la fête nationale (10 jours plus tard) et d'ici là, je ne me sens pas trop dérangé par les touristes, les commerçants et restaurateurs semblent relax et prêts à jaser, surtout quand t'es québécois! 





St-Guilhem est traversé par une portion du Camino de Santiago qui mène à St-Jacques-de-Compostelle, dans le nord-ouest de l'Espagne. Le sentier était désert en cette chaude période de l'année, mais je m'y suis aventuré quand même quelques heures, question de goûter au feeling de pélerin. Je pourrais très bien m'imaginer faire une telle randonnée sous un ciel aussi parfait, et m'arrêter en début d'après-midi pour l'heure du lunch, prendre un rosé dans un village comme celui-ci... si le camino traverse d'aussi beaux endroits, je dois dire que ça me titille en mosus!
------------ 

En route, je prends un jeune qui fait du pouce et je le laisse directement devant sa porte, dans un petit hameau nommé Campillergues, le genre de place qui ne figure même pas sur la carte et qu'on peut facilement ignorer. Mais ce petit détour m'a permis de traverser une partie du Parc National du Haut-Languedoc, suivant des belles petites routes étroites et complètement désertes...


Lac du Salagou


près du village de Octon


-------------- 
St-Rustice
Je me suis arrêté tard en fin de journée pour passer la nuit à Aucamville, un peu au nord de Toulouse. Étant à quelques dizaines de kms de St-Rustice, j'étais bien positionné pour quitter tôt le lendemain matin et me rendre au village où mes grands-parents ont habité et où j'ai passé des étés inoubliables en 1981 et 1985... mettons qu'après 30 ans, les souvenirs sont un peu flous, et même si le village était toujours aussi petit, je n'étais pas trop certain du chemin à prendre pour arriver à destination... je me suis comme un peu laissé guider par un mélange d'instincts et de souvenirs et je me suis plutôt rapidement retrouvé sur le Chemin-des-Crêtes, devant la maison, qui n'avait aucunement changé, malgré son apparence légèrement délabrée et malgré que les champs des alentours s'étaient transformés en quartiers de banlieue. 
J'ai hésité, mais je n'ai pas osé, si tôt le matin, aller cogner à la porte pour me présenter... n'empêche, ça faisait drôle de me retrouver ici après tant d'années. Mais j'étais quand même suffisamment déconnecté pour ne pas sentir de nostalgie, c'était plutôt la curiosité qui m'avait poussé à revenir sur les lieux mythiques de mon enfance!




Villemur-sur-Tarn
Un autre arrêt totalement imprévu. Sachant que le temps m'était compté, j'ai résisté plusieurs fois à la tentation de m'arrêter en chemin... parti de St-Rustice, j'ai pris une route de campagne que j'avais du fréquenter plusieurs fois avec ma grand-mère pour me rendre à Fronton, et c'est plusieurs kilomètres plus loin, avançant à l'aveuglette sur des routes de campagne, que je suis tombé sur ce superbe village en traversant le Tarn... c'était plus fort que moi, j'ai arrêté la voiture et je suis allé prendre un café en terrasse avec vue sur la Tour de la Défense, datant du XIIIe siècle...



------------------- 

Cordes-sur-Ciel
Un autre des plus beaux villages de France, et il n'y a pas d'erreurs: c'est magnifique et grandiose!... On pense que le village se limite à cette petite colline qu'on voit dans le guides mais un fois arrivé au sommet, on se rend compte qu'il s'étire encore plus loin derrière, avec des innombrables petites ruelles, des belvédères, des musées, et des boutiques... hôte d'un grand festival annuel médiéval, on n'a pas de misère à s'imaginer pourquoi: rien ne semble avoir changé depuis 500 ans... et c'est avec un peu de tristesse que j'ai du me résoudre à couper court à mon exploration pour poursuivre ma route, car l'endroit vaut bien qu'on s'y attarde une nuit ou deux... 







1 juill. 2016

Espagne - magnifique Girona!


L’idée de longer la Costa Brava pour rejoindre Montpellier me plaisait pas mal: remonter en ayant la mer et la plage à ma droite accentuerait  mon impression d’être en vacances! 
De la région d’Alicante, un peu plus sèche et rocailleuse, le décor se verdit en remontant vers la frontière française. Peut-être à cause des précipitations plus abondantes, mais je ne saurais dire puisque le soleil et la chaleur m’ont suivi sans interruptions jusqu’à mon retour à Montréal.



Ça n'arrive pas si souvent que ça, mettre les pieds dans une ville et avoir le goût de s'y installer pour un bon bout de temps... c'est toujours grâce à un concours de circonstances. Se sentir détendu, sans attentes, il faut beau et chaud, l'endroit est quasi-désert, le quartier historique sent les vieilles pierres et l'humidité, comme le donjon d'un château médiéval, on remarque une foule de petits détails qui éveillent l'intérêt, on tombe par hasard sur des petites perles de restaurants, avec vue sur la rivière, l'hôtel est confortable et la réceptionniste est superbe et souriante... je me suis bien promis de revenir un jour à Girona.

















24 juin 2016

Espagne - Cartagena et Murcia

Bonne St-Jean!
Je la passe à Cartagena, une petite ville côtière située un peu au sud de Alicante.
Et quelle excellente idée de fuir les Hogueras pour la dernière, ultime nuit de festivités! Mon appartement se trouvant presque juste au-dessus d'un lieu de rassemblement, l'idée de passer une nuit blanche au son des pétards et des feux d'artifices jusqu'au lever du soleil ne me parlait pas tant que ça. Je suis plate de même!
 Je suis parti un peu sur un coup de tête, avec devant moi une fin de semaine de 3 jours, je trouvais que c'était une belle occasion de sortir de la ville et voir autre chose. 
 Superbe trajet en train jusqu'à Murcia, une grande ville plutôt commerciale sans trop d'intérêt, mais qui me parut très agréable malgré tout, traversant le vieux centre à l'aveuglette, contournant son impressionnante cathédrale, avant de prendre l'autobus pour Cartagena. 


 Cartagena a vraiment toutes les caractéristiques d'une ville tranquille de bord de mer. La plage n'étant pas à ses pieds mais à quelques kilomètres de distance, ce sont surtout les amoureux de la mer et de la voile qui se retrouvent ici. Calme mais vivante, un beau patrimoine historique bien préservé, de vastes esplanades qui bordent l'immensité de la Méditerranée... bref, un agréable clash avec Alicante!
 Dès mon arrivée, j'avais l'impression de respirer et j'étais charmé par autant de tranquillité!! Je suis arrêté faire une petite sieste de début d'après-midi à mon hôtel avant de déambuler sans empressement jusqu'au port. On montait un stage sur la place centrale et j'ai eu peur, sur le coup, que ça annonce ici aussi des festivités nocturnes... heureusement, c'était uniquement pour la prestation d'une troupe de jeunes musiciens norvégiens, dont les fausses notes se perdaient à mesure que je m'enfonçais dans les ruelles paisibles, en quête de quiétude totale!!






23 juin 2016

Espagne - Immersion espagnole à Alicante

Alicante me semblait toute destinée, c'est une ville portuaire qui paraissait offrir de nombreux avantages, bordée de plages, jouissant d'un climat presque tropical en été, son vieux quartier historique entourant un Château médiéval, et une vie culturelle vibrante et diversifiée. Je connaissais Valencia et Barcelona au nord, et la Costa Blanca, au sud ne m'intéressait pas vraiment, paraissant un peu trop touristique et bétonnée pour justifier un séjour de 2 semaines. 



Je me suis retrouvé dans la salle de cours d’Enforex comme si je l’avais quittée la semaine précédente. Il y avait bien sûr un monde entre ma première journée de cours ici, et celle à Séville il y a 2 ans... cette fois-ci, je me sentais nettement plus en contrôle, plus confiant, moins stressé, plus enjoué et détendu. Après un rapide test écrit et oral, on m’a assigné au groupe B1 (niveau intermédiaire), et on s’est mis rapidement à l’étude du subjonctif, un temps de verbe qui laisse indifférent en français mais qui est très utilisé en espagnol.

 J’ai été surpris (et plutôt fier, mettons!), de mon niveau, pouvant tenir une conversation nettement plus aisément que mes collègues de classe, grâce aux multiples occasions que j’ai eues de pratiquer à Montréal, avec des profs privés, des amis ou des collègues de travail. J’ai entendu dire souvent que, même si on fait tous les exercices imaginables et qu'on apprend tout le vocabulaire par coeur, si on ne met pas nos connaissances à l’épreuve en se forçant à parler dès le premier jour, c’est peine perdue. Comme si le stockage d’information et l’utilisation orale de ces connaissances étaient deux modes complètement séparés. Après un certain temps, les deux se rejoignent, mais l’erreur la plus fréquente est d’attendre d’avoir en main toutes les connaissances avant de s’exprimer. C’est au contraire les essais-erreurs dans la conversation qui contribuent à développer l’aisance, selon moi.




Dans mon plan d’immersion espagnole, je me suis dit que ça ne ferait pas de mal de trouver un logement sur Airbnb qui, cette fois-ci, serait partagé avec les propriétaires eux-mêmes. C’est rarement mon premier choix de vivre avec des purs inconnus pendant aussi longtemps, on peut avoir des mauvaises surprises et on se retrouve alors avec aucun endroit où se réfugier pour avoir la paix. Mais les commentaires à la fois sur la chambre (spacieuse, avec salle de bain privée) et sur les deux hôtesses, Maggie et Michelle, étaient élogieux, avec raison!... les deux filles (originaires de l'Écuador et du Nicaragua) ont énormément ajouté à mon expérience alicantesque, en m’invitant à différents événements, organisant chez elles des 5 à 7, en me suggérant des idées de sorties et d’endroits incontournables à visiter… j’étais super content d’avoir eu la bonne idée de me sortir de ma zone de confort et d’accepter de me retrouver avec des parfaites inconnues. Comme je disais, ce n’est pas mon premier réflexe, d'autant plus qu'avec des moyens financiers suffisants, on opte assez rapidement pour le luxe d'un appartement privé, avec le moins de contacts imposés possibles. 
C'est une erreur que j'ai eu la bonne idée de ne pas commettre! 


Mes cours se terminant vers 13h30, chaque jour de la semaine, il me reste amplement de temps pour me détendre, visiter la ville, et profiter de ses nombreuses attractions… je dois dire que j’étais plutôt affamé en sortant de classe, et je me retrouvais rapidement sur une terrasse, mangeant à l’heure des touristes, un plat consistant souvent accompagné d’un (ou plusieurs) verre de vino. Sous la chaleur torride de l'après-midi, J'ai pris rapidement l'habitude d'aller m'écraser sur la playa del Postiguet à deux pas du centre-ville, pour me baigner, lire et faire une sieste avant de me lancer dans l'exploration d'un nouveau quartier de Alicante jusqu'à l'heure de l'apéro... inutile de dire que j'ai jamais autant, et si souvent, bu que pendant ce séjour de 2 semaines sur la Costa Brava! 








La folie des “hogueras

Dès mon arrivée à Alicante, je sentais que quelque chose se tramait. Plusieurs rues étaient bloquées, des larges portions de ruelles étaient parsemées de tables pliantes et de stages de musique, d'immenses et superbes sculptures en papier s’élevaient ici et là, représentant des légendes locales ou des célébrités, mais difficiles à déchiffrer puisque les informations étaient présentées uniquement en valenciano, le dialecte local dérivé du catalan. 
 Maggie m’expliqua rapidement que c’était le début des Hogueras, la grande fête culturelle de Alicante, qui devait durer toute la semaine… je pensais avoir mal compris, mais j’ai vite réalisé que non: la ville se préparait pour 5 jours (et 5 nuits) de festivités où les citadins allaient se retrouver tous les soirs, jusqu’aux petites heures, à festoyer, chanter, danser et faire exploser des pétards… sans compter les nombreuses parades, les bands de musiciens à moitié saoûls qui circulent dans les rues tôt le matin, je pensais virer fou à la fin de ma première semaine!! Ça me rappelait les Fallas de Valence, un peu plus au nord... un party de malades, qui se déroulait dans tous les coins de la ville (dont juste en bas du condo où j’habitais) jusqu’à 3h du matin, et se terminant par la flambée de toutes les sculptures en papier… les Fallas ne duraient qu'une seule nuit et m’avaient parues insupportables, alors imagine 5 jours et 5 nuits!!… 
 La dernière semaine, heureusement, fut beaucoup plus tranquille... pendant que les citadins dégrisaient un peu, j'ai pu apprécier encore plus le vieux quartier, maintenant libéré des fêtards et de la musique à tue-tête. Alicante est une ville de vacances et de partys, parfaite pour les jeunes ou les touristes attirés uniquement par le nightlife et les plages. Même si j'ai adoré mon séjour ici, il m'a semblé l'avoir vécu à travers le prisme d'une fiesta perpétuelle. La ville (comme plusieurs autres en Espagne) a énormément à offrir au niveau culturel et historique, mais plusieurs attractions ou curiosités se perdent au profit de la fête qui envahit ses ruelles. On semble même avoir misé sur cet aspect plutôt que sur la mise en valeur de l'architecture qui m'a parue, à plusieurs moments, fortement négligée et même laissée à l'abandon. 
 Mais c'est ma perception nord-américaine: je suis chaque fois sur le cul devant un monument de plus de mille ans d'âge, et j'arrive difficilement à croire que tout ne soit pas mis en oeuvre pour le protéger le mieux possible... bien sûr les Européens vivent entourés de vieilleries depuis toujours, on ne peut pas leur en vouloir d'être à boutte et de favoriser plutôt la modernité, les partys et les feux d'artifices!

















En préparant ce voyage avant mon départ, je suis tombé dans le piège de chercher à tout voir, à optimiser chacune des mes journées, couvrir le plus de territoire possible, me remplir la tête du maximum d’images… au point que, me connaissant, j'en aurais été épuisé à mon retour, et même déçu de mon expérience...
C’est drôle parce que même si je m'accrochais, jusqu'à la veille de mon départ, à cet horaire bien rempli, je sais pourtant que ce n’est pas la façon de voyager qui me convient. 
 J’ai finalement décidé de m’installer dans une ville, m’immerger, me fondre dans le décor, bien connaitre ses racoins, et découvrir la culture, la gastronomie, les subtilités d'un endroit précis, plutôt que de me garrocher d’une ville à l’autre pour collectionner les villes, comme des coquillages que je me dépêche de ramasser avant que la marée monte.
Développer mes connaissances de la langue, communiquer avec les gens de la place, me faire des nouveaux amis, tâter le poul de la région, me coller la face sur son histoire et sa culture… c’est pour moi la meilleure façon de voyager… 
 ...et avoir le temps! Bordel que ça vaut de l’or. Pas question de courir, c’est presqu’un luxe de passer un après-midi sur une terrasse à boire un bon vino blanco (et un deuxième), en regardant la foule qui s’active tout autour!

18 juin 2016

Espagne - Retour à Madrid

Pour se sentir rapidement en vacances, ça prend juste un verre de blanc et quelques croquetas de jamon et queso sur une terrasse de la Plaza Mayor, sous un superbe ciel sans nuages.
J’ai trouvé Madrid encore plus agréable que la dernière fois. Peut-être juste parce que je venais d’arriver et que le fait de me retrouver soudainement en vacances pouvait rendre n’importe quel endroit paradisiaque. Cette fois-ci, je m’en suis tenu presque uniquement aux vieux quartiers, me perdant dans ses ruelles et m’arrêtant pour de nombreux verres de vino sur quelques terrasse en plein milieu d’après-midi, alors que toute la ville semblait en mode « sieste ». 
L'avantage de revenir dans une ville qu'on a déjà visitée, c'est qu'on ne sent aucune urgence de tout voir. On peut juste se perdre pendant 2 jours sans culpabilité. Et puis Madrid est une ville suffisamment grande, avec assez de quartiers distincts, pour ne pas se retrouver aux mêmes endroits. Bien sûr, certains lieux sont incontournables et on y retourne avec plaisir. Je me suis laissé tenter par le Parque del Retiro pour un ptit picnic de touriste, m’arrêtant au préalable dans un marché prendre quelques tranches de Jamon de bellota avec un fromage fort, une baguette de pain et une cannette de bière… assis à l’ombre des grands arbres du Parque, le calme et la tranquillité ne pourraient être mieux savourés. 


Parque del Retiro


Plaza Mayor







Pourquoi retourner en Espagne, deux ans plus tard?  disons que  plusieurs choses me hantaient depuis ma dernière visite en 2014. J'avais non seulement envie de regoûter à tout ce que la culture espagnole peut offrir: la bouffe, le vin, les paysages, le climat, mais aussi de me replonger en immersion et améliorer mes connaissances de la langue espagnole... depuis mon dernier séjour, j'avais suivi quelques cours ici et là à Montréal, et pratiqué avec des amis hispanophones, et j'étais curieux de me retrouver à nouveau ici, avec cette fois-ci de solides rudiments et une maitrise suffisante de la langue pour pouvoir interagir avec les espagnols.